
« Je suis un homme du peuple » : c’est avec cette affirmation que Christophe Proença, député de la deuxième circonscription du Lot, a notamment justifié le fait qu’il ne voterait pas la censure du budget présenté par le gouvernement Lecornu, ce 2 février, à l’Assemblée Nationale. Des paroles fortes, si l’on peut dire, qu’il a assénées à une Farouche Insoumise, lors de la manifestation qui se tenait à Limoges, le 31 janvier, en faveur de la défense d’un service ferroviaire de proximité, fiable, accessible et donc suffisamment doté. Celle-ci l’avait, en effet, courtoisement interpellé, le remerciant d’être présent aux côtés de ceux qui se battent pour que les « petites » lignes de train aient encore un avenir et le député, tout sourire, de lui indiquer qu’il était le seul élu du Lot à avoir fait le déplacement jusqu’à la capitale Limougeaude pour défendre cette cause.
Peut-être que la venue d’un certain François Hollande, arpentant, le matin même de ce 31 janvier, les marchés de Limoges, pour soutenir le candidat PS aux élections municipales, comme l’a relaté la presse locale dont Le Populaire du Centre, avait peut-être quelque peu motivé le déplacement de Christophe Proença, jusqu’au parvis de la gare des Bénédictins. Bon. Brisons-là. Tout cela n’est, sans doute, que pure coïncidence.
« Vous êtes une gauchiste ! »
Et puis, le sourire du député de la deuxième circonscription du Lot a eu quelque peu tendance à se figer quand la Farouche Insoumise l’a interrogé sur ses motivations de ne pas voter la censure du budget présenté par Lecornu. Sa réponse ne s’est pas fait attendre : « Ce vote est nécessaire pour éviter le chaos et le blocage. J’ai le sens des responsabilités et celui de l’intérêt général ». Et la militante de lui faire remarquer que les coupes financières inscrites dans ce budget et qui vont affecter les services publics ne vont pas dans le sens de ce fameux intérêt général. Alors, là, Christophe Proença sort de ses gonds, qualifie la militante de « gauchiste » et lui assène cette formule, quelque peu définitive et qui restera dans les annales : « je suis un homme du peuple ». Et il argumente : « j’ai toujours été proche des gens, j’ai toujours défendu les plus démunis ». Et il continue de se justifier : « la preuve, mon épouse est institutrice ». Alors là, évidemment, on s’incline.
La Farouche Insoumise, devant la puissance de ce raisonnement, ne se démonte pas pour autant et souligne que ce vote d’allégeance à la Macronie, pourrait se traduire par des pertes de voix, aux prochaines élections. « Eh ! Bien, faites passer le RN », a rétorqué Christophe Proença. Un autre argument massue auquel la militante a simplement répondu qu’il existait d’autres options.
Si l’on s’en tient aux seuls propos de ce député PS, le RN est toujours l’assurance-vie de ce parti. Voilà qui est bien triste et devrait faire réfléchir cet « homme du peuple » tel qu’il se définit lui-même, sur une autre politique, peut-être « gauchiste », mais surtout plus radicale et la seule qui serait à même de faire reculer le RN et toutes les forces qui veulent gouverner au nom de la loi du plus fort parce que justement, elle placerait en son cœur l’intérêt général.